Prendre des risques porte ses fruits.

La prise de risque récompensée !

Prendre des risques porte ses fruits.

Par Bruno Kus, Rédacteur en chef

Ceux qui ont fait l’impasse sur les placements sans risques en 2021 n’ont pas à le regretter ! Sans aller jusqu’à s’aventurer dans les méandres du bitcoin et autres cryptomonnaies, particulièrement choyés depuis un an, ils ont pu engranger de confortables plus-values en pariant sur les matières premières (+ 45 % sur le pétrole), les actions (+ 27 % sur le CAC 40) ou l’immobilier (+ 5 % dans l’Hexagone). Pour les autres, c’est évidemment la soupe à la grimace ! Aucune bonne surprise à signaler du côté des placements monétaires, pas plus que sur les emprunts d’Etat ou les fonds en euros de l’assurance vie, dont les rendements s’étiolent irrémédiablement.

Le prix de la sécurité, diront certains. Mais peut-on encore parler de sécurité lorsque l’inflation oscille autour de 5 % en zone euro et de 6 % aux Etats-Unis ? Gardons à l’esprit qu’un patrimoine s’érode si son rendement ne couvre pas la hausse des prix. Parmi les placements gagnants de 2021, les actions méritent une attention particulière. Le coup d’arrêt provoqué par la crise sanitaire en 2020 aura été de courte durée et les cours de Bourse sont vite repartis à la hausse. Bien inspirés ont été les épargnants qui ont profité du trou d’air de 2020 pour se réconcilier avec la Bourse qu’ils avaient désertée après les krachs de 2000 et 2008. Leur prise de risque a payé. A partir de 2020, l’AMF a ainsi recensé plus de 2,5 millions d’investisseurs actifs chaque trimestre, contre un million au troisième trimestre 2019 avant la privatisation de la FDJ.

Mais il reste beaucoup trop de sceptiques, pour qui les actions représentent toujours un placement opaque, guidé par la spéculation et les émotions, elles-mêmes sources de forte volatilité. Ce n’est pas totalement faux. Toutefois, s’arrêter à ces préjugés peut induire en erreur sur la construction d’un patrimoine. Ces dix dernières années, le CAC 40 n’a baissé qu’à trois reprises et dans des proportions somme toute modérées (-11 % dans le pire des cas en 2018). Malgré une perte de valeur de près de 50 % au plus fort de la crise sanitaire, il lui a fallu moins d’un an pour retrouver ses niveaux initiaux, puis les dépasser, pour finalement afficher sur dix ans un bilan positif de 130 %, sans même tenir compte des dividendes versés chaque année par les entreprises et assurant à eux seuls un rendement de 2 à 3 % par an. Qui dit mieux ?

Le CAC 40 a gagné 130 % sur dix ans, hors dividendes. Tout milite pour que cela continue

Bien entendu, l’édifice peut retomber à tout moment dans l’hypothèse d’un choc majeur. Mais notons que les cours n’ont pas monté dans le vide. Ils n’ont fait que suivre les profits des sociétés cotées. Tout milite pour que les placements risqués continuent de surperformer à l’avenir. Le principal soutien est la masse de liquidités présentes dans le système financier. Quand bien même la Réserve fédérale américaine a réduit ses injections, l’argent coule à flot et ne demande qu’à être redirigé vers des placements rentables, excluant d’office ceux qui sont sécurisés à court terme. Impossible en effet pour les banquiers centraux de faire complètement marche arrière ! Les Etats ont tellement dépensé pendant la crise qu’ils supporteraient difficilement le moindre renchérissement du coût de leur dette vertigineuse.

Il n’est donc peut-être pas trop tard pour prendre le train en marche. A condition de n’investir que les sommes dont vous n’aurez pas besoin au cours des cinq prochaines années.